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Chacun d’entre nous possède un jardin secret. Comme son nom l’indique, ce qui s’y trouve n’a pas vocation à être divulgué. Alors pour protéger ce jardin, nous mettons en place toute une stratégie dont le seul est unique objectif est de dissimulé nos secrets. Cette démarche repose sur un principe très simple. Nous faisons ce que nous savons faire de mieux, c’est-à-dire mentir. C’est ainsi que petit à petit, sans nous en rendre compte, nous sombrons corps et âme dans la théorie du mensonge.

Le mensonge en soi n’est pas une chose horrible. Il est parfois et je dirais même souvent indispensable pour éviter les situations tendues, voir violente. Même si on en est profondément convaincu, on ne dira jamais à une femme que sa robe est nulle à chier, surtout si on souhaite coucher avec. Je parle de la femme pas de la robe !

Le mensonge de courtoisie est un des plus répandus. Bien sûr, on pourrait apprendre dès le plus jeune âge à accepter ce type de remarque sans se sentir agresser, mais ce n’est pas le cas. En effet, comment apprendre à dire la vérité quand vos parents sont les premiers à vous mentir, les premiers à faire le contraire de ce qu’ils disent. Dès l’enfance, apprend donc à faire comme nos parents, c’est-à-dire mentir et si possible avec aplomb pour être le plus crédible possible.

Je ne vais pas vous faire l’apologie de la vérité systématique car je suis comme tout le monde, je mens comme je respire ! Pourtant, je considère qu’il y a sur Terre une personne à laquelle je ne peux pas mentir sans que cela soit dangereux. Cette personne c’est moi. Vous pouvez dire ce que vous voudrez à qui vous voudrez, il y aura toujours au moins une personne qui saura si c’est vrai ou pas.

Durant ma vie jeune adulte, j’ai dépensé une énergie considérable pour me persuader que j’étais comme les autres. J’ai lutté contre mes rêves, mes fantasmes, mes envies. Il fallait que je fasse comme les autres, pour ne pas me faire remarquer, ou plus exactement, pour ne pas me faire juger. Cette lutte entre mon moi profond et le qu’en dira-ton a duré des années. Et un jour, épuisé par cette lutte interne farouche, j’ai fini par jeter l’éponge. Non, je ne me plierais pas devant la théorie du mensonge. Je suis ce que je suis, c’est mon bien, mon héritage, c’est que qui me définit au sein de l’humanité.

Accepter sa différence est loin d’être une chose facile, mais cela permet de remettre sa vie dans le bon axe. J’ai dû apprendre à ne plus me mentir, à me regarder dans le miroir sans déformation, sans enjolivure, accepter mon reflet tel quel. Je ne sais pas ce qui a été le plus dur, admettre mon côté dominant et ses « perversions » ou mon côté féminin, qui est aussi considéré comme une perversion semble-t-il ?

Mentir oui, mais pas à soi-même

C’est une des premières grandes choses de j’ai apprises, à mes dépends, certes, mais cela était nécessaire. Pour savoir où on va, il faut savoir qui on est ce que l’on veut. Dans un article précédent, je parle de l’introspection. Cette phase est indispensable. Mais ce n’est pas mon propos du jour. J’aimerais aborder un aspect du mensonge. Celui que l’on se fait pour se donner bonne conscience.

Qui peut écouter notre conscience ? Personne sauf nous. Qui peut entendre son mécontentement ? Personne sauf nous. Alors pourquoi se mentir si au final cela nous met mal à l’aise, voir dans certains cas, carrément dépressif ? Ce qu’il y a de bien quand on est au fond du trou, c’est qu’on ne peut que remonter ou se laisser crever comme une merde au fond. Mon instinct de survie a manifestement pris le dessus à ce moment-là. Ce jour où tout a basculé, entre me jeter du haut du pont et vivre, j’ai choisi la deuxième option. Je jour-là, j’ai décidé de me voir tel que je suis, avec mes rêves, mes fantasmes, mes pulsions. Au prix d’une douloureuse lutte interne, le dominant caché au fond de moi a décidé enfin de se montrer et il n’est pas venu tout seul. Un petit bout de femme s’est pointée par la même occasion. Mais là d’un coup, ça faisait trop à gérer. J’ai donc décidé de mettre la meuf de côté pour le moment et de m’occuper de l’autre. Je ne pouvais pas me battre sur tous les fronts.

Le dominant

Il était là sous mes yeux depuis le début, je ne le voyais pas ou plus exactement, je ne voulais pas le voir. Il n’est pas politiquement correct. En fait, le problème c’est que vu de l’extérieur, il ressemble beaucoup au gros macho de base bien con. Dans les années 80 cela ne posait pas trop de problème sauf que je ne suis pas macho mais Dominant. La différence est de taille. Le Dom est respectueux de la femme. Il ne la considère pas comme un être inférieur mais comme celle, qui en offrant sa soumission, permet au Dom de se grandir.

Ne pas se mentir, c’est fondamental mais loin d’être une partie de plaisir. Il y a des moments dans la vie ou l’on fait des choix que l’on regrette, dont on n’est pas spécialement fier. Ne pas se voiler la face c’est aussi accepter de ne pas être parfait. Nous ne sommes pas tout blanc ou tout noir mais tous plus ou moins gris, en fonction des jours, du contexte.

Le dominant qui est en moi a donc dû apprendre à s’affirmer, petit à petit. La première personne qu’il a fallu convaincre, c’est moi. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne suis pas facile à amadouer. Il m’en aura fallu du temps pour m’accepter pleinement pour ce que je suis. Certains mensonges sont redoutables.

Vous devez d’un coup vous battre contre les mensonges des autres, ceux liés à votre éducation, votre religion. Il ne faut pas penser ça. Il ne faut pas être ci. Tu dois faire comme cela, tu dois te comporter ainsi. Vous devez apprendre à désapprendre tout ce qui vous a conduit dans cet impasse. Le seul moyen d’y parvenir est d’être honnête envers soi-même.

La femme qui est en moi

Elle était là, je l’avais presque oubliée. Et puis un jour, voilà qu’elle se rappelle à mon bon souvenir. Je ne me suis pas vraiment demandé d’où elle sortait. Depuis ma plus jeune enfance, j’ai toujours rêvé d’avoir un look androgyne, pouvoir chasser des deux coté a toujours été un fantasme assez fort chez moi.

Tout homme, quel qu’il soit, possède en lui une vision idéale de la femme. En psychologie, on l’appelle l’anima. Il est aussi la source de la créativité artistique. Comme par hasard, c’est quand je suis arrivé sur Internet et que j’ai voulu créer mon site web que Madame a déboulé avec ses gros sabots. Pour la première fois, je pouvais laisser aller mon imagination. Mon premier avatar était une femme, c’était en 1995. Il en sera ainsi jusqu’en 2016.

LE PARTENAIRE

Le mensonge fait partie intégrante de notre vie. Il est nécessaire mais comme pour tout le reste, un abus de mensonge nuit gravement à la santé. Mais cela serait vraiment trop facile si on en restait là. Il y a une autre personne pour qui le mensonge devrait être réduit à trois fois rien, voir rien du tout, c’est le conjoint, qu’il soit vanille ou BDSM.

L’époque où les parents choisissaient pour nous notre conjoint est révolue, du moins en France. Aujourd’hui, c’est nous qui choisissons notre partenaire, c’est nous qui décidons de faire vie commune avec l’autre. Ce choix est censé être mûrement réfléchi. Nous sommes supposés avoir peser le pour et le contre, avoir regarder jusqu’au plus profond de notre cœur pour savoir si cet autre qui s’apprête à rentrer dans notre vie pourra s’y épanouir en toute quiétude.

La logique voudrait donc que le lien qui nous lie à l’autre fasse que le mensonge ne soit pas nécessaire. Pourtant, c’est loin d’être le cas. Des tas de raisons plus ou moins fallacieuses comme l’égo, la culpabilité, la lutte pour le pouvoir, la peur, vont nous pousser à mentir pour donner une bonne image de nous. Ce que l’autre perçoit de nous devient plus important que nous même. On s’enferme du coup dans une sorte mensonge perpétuel qui, au final, finira par nous consumer de l’intérieur, lentement mais surement.

Comment dans un tel contexte, faire comprendre à l’autre que nous sommes différents, que nous avons des pensées, des pulsions, des besoins qui sortent de l’ordinaire ? C’est là qu’est le piège du mensonge. Il nous enferme dans une prison mentale dont nous ne parvenons plus à nous échapper.

Dans une relation BDSM, le dialogue est une activité fondamentale et naturelle. Cela s’explique par le fait que les choses sont clairement posées dès le début. Il y a le dominant, la soumise, les deux sont dans le même camp. Ils savent qu’ils vivent une relation non conventionnelle et n’ont donc pas peur d’en parler entre eux. Instaurer un lien basé sur le dialogue est simple et naturel.

Malgré cela, le mensonge étant un comportement naturel chez l’humain, être sincère avec l’autre est loin d’être aussi facile qu’il y paraît. Etre capable d’admettre ses erreurs, ses doutes n’est pas aisé pour un Maître. De même, pour une soumise, parler de certains sujets peut être très difficile car la peur de décevoir le Maître est toujours très forte. Il faut cependant savoir passer ces difficultés pour instaurer une relation pleinement basée sur la confiance en l’autre. Atteindre cet objectif n’a rien d’insurmontable car les règles du jeu sont claires et acceptées.

Quand on surfe sur la toile, on constate que l’honnêteté envers l’autre est une demande récurrente. C’est tout à fait normal. Il ne faut cependant pas perdre de vue que cela doit fonctionner dans les deux sens. Vous ne pouvez pas réclamer de l’autre une chose que vous n’êtes pas capable de lui accorder en retour. Tout se dire n’a de sens que si justement cela se fait dans les deux sens. Si vous parvenez à rester dans cet échange permanent, alors vous aurez une chance pour que votre relation perdure, une chance car la sincérité bien que vitale n’est pas suffisante.

Ce qui vaut pour une relation BDSM s’applique aussi pour un couple vanille, du moins en théorie. Dans la pratique, les choses sont toutes autres. En effet, des processus bien connu entrent en interaction et viennent perturber de façon importante la relation humaine.

Choix contre nature

Dans le monde du BDSM, il y a un mensonge que l’on retrouve très souvent, c’est l’adultère. Mon propos n’est pas de porter de jugement sur ceux qui choisissent cette option car chacun doit gérer sa vie comme bon lui semble. Sur ce point, les gens concernés par l’adultère n’ont pas de compte à rendre. Par contre, il peut s’avérer intéressant de se demander pourquoi et comment des personnes en arrivent là. Comprendre la démarche, c’est déjà faire un pas vers une vie plus sereine.

La vie nous impose parfois des choix que l’on ne souhaite pas vraiment. Pour tout un tas de raisons propres à chacun, nous sommes amenés à prendre des options pas forcément en adéquation avec nos valeurs morales.

Au début d’une relation vanille, il y a des sujets qui ne sont pas forcément abordés, surtout quand on en a pas encore conscience. Difficile alors de savoir si l’autre sera compatible avec des pulsions que l’on n’a pas encore identifiées. On comprend dès lors que dans ce type de contexte, lorsque la révélation se fait, il peut y avoir de grosses difficultés à dialoguer avec l’autre. Pour ma part, j’avoue n’avoir jamais été confronté à cette situation et je suis pleinement conscient de la chance que j’ai eue.

Parler avec l’autre

La première idée qui vient à l’esprit est d’en parler à l’autre. Cela est parfois possible mais il faut bien le reconnaître, parler BDSM avec une personne vanille qui ne connait pas le BDSM peut très vite tourner au vinaigre.

J’ai été confronté à cette difficulté il y a peu de temps. Bien que les femmes avec qui je discutais semblaient ouvertes d’esprit, j’avoue ne pas avoir réussi à trouver les mots pour parler ouvertement du sujet BDSM. Je suis resté très vague dans mes propos par peur de choquer.

Souvent, on entend les gens dirent « elle ne peut pas comprendre » ou « il va me prendre pour une salope » et du coup on se tait. En fait, nous faisons la question et la réponse sans laisser aucune possibilité à l’autre de nous surprendre. Mais prendre ce risque est loin d’être évident. Il faut vraiment bien connaître la personne. Mais connaissons-nous vraiment bien les gens qui nous entourent ? Si avant que Thysminia ne m’en parle, on m’avait demandé si je pensais qu’elle pourrait être une soumise, j’aurais répondu « Bien sûr que non, c’est du n’importe quoi ! ». A l’époque, c’était pourtant ma meilleure amie femme, c’elle dont j’étais le plus proche, avec qui j’avais l’affinité affective la plus forte. Aujourd’hui, après 12 ans de vie de couple, elle est mon esclave. Notre histoire est devenue possible car l’une a parlé et l’autre a su écouter et entrer en résonance. Mais ce n’est pas toujours le cas. C’est même assez rare. Je dois reconnaître nous avons eu de la chance de nous trouver ainsi.

L’adultère

Quand le dialogue est trop dur à aborder, il reste l’option de l’adultère. Pour beaucoup de personnes, c’est la seule voie possible, le seul moyen de ne pas sombrer dans une monotonie fatale. Chacun le gère comme il peut. Pour ma part, je ne juge pas.

En ce qui me concerne, je sais que ne pourrais pas vivre ainsi. Je ne peux pas exiger d’une soumise une sincérité absolue et faire le contraire en mentant à ma femme. Je suis censé montrer l’exemple et je ne peux donc pas faire le contraire de ce que j’exige. Il faut aussi savoir que je ne suis pas du tout doué pour le mensonge. Il arriverait fatalement le moment où j’aurais fini par me prendre les pieds dans le tapis.

L’autre gros problème de cette solution pour moi, c’est qu’elle coupe ma personnalité, ma vie, mes sentiments en deux. Je ne suis plus un mais deux. Ce type de situation me rongerait complètement en un rien de temps. Le mal être me pousserait vite à prendre une décision radicale pour mettre un terme à ma souffrance intérieure.

Tout le monde n’est pas comme moi. Beaucoup choisiront donc le mensonge comme échappatoire. Je ne les juge pas. Chacun doit faire ses propres choix au mieux.

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