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S’il y a un élément qui est indispensable dans une vie de couple, c’est bien le dialogue. Sans lui, aucune vie à deux durable n’est possible. Bien que cela soit une évidence pour tout le monde, force est de constater que la mise en pratique est loin d’être aussi facile qu’il n’y parait.

Vous allez me dire que vous n’êtes pas concerné car vous discutez avec votre conjoint. Oui mais vous parlez de quoi au juste ? Car c’est bien là que se trouve toute la problématique. Pour parler des problèmes de la vie courante, le travail, les enfants, les loisirs, cela ne pose aucun problème. Mais dès qu’il s’agit d’aller plus loin, de parler de ses envies profondes, de ses fantasmes, c’est toute de suite une autre histoire.

Vous noterez que pour l’instant je ne parle pas de BDSM. Le dialogue n’est pas une problématique BDSM, c’est une difficulté dans tous les couples, vanille ou chocolat. Pouvoir parler de soi à l’autre, se mettre à nu, sans déformation est loin d’être une pratique facile.

Pour dialoguer, il faut être deux, sinon on appelle ça un monologue. Il faut donc être deux, un qui parle et l’autre qui écoute. Ensuite, les rôles s’inversent. Ce processus simple en apparence est pourtant extrêmement difficile à mettre en œuvre. Que vous soyez dans la peau de celui qui parle ou de celui qui écoute, vous devez faire face à des freins énormes liés essentiellement à l’éducation, la religion, les mentalités du moment et de l’endroit.

Combien de femmes sont prêtes à dire à leurs époux qu’elles aimeraient se faire prendre par derrière, là sur la table juste avant le fromage ? Combien sont disposées à franchir le pas sans avoir la peur de se faire traiter de salope ? Combien d’hommes sont prêts à dire à leurs femmes qu’ils aimeraient bien les traîner en laisse comme des chiennes, juste une fois pour voir ?

Ne serait-ce que sur le plan des pratiques sexuelles, nous voyons bien qu’il est n’est pas facile de vivre sa sexualité avec l’autre. Toutes les femmes n’acceptent pas la sodomie et ou même la fellation. Tous les hommes n’acceptent pas le cunnilingus. Si aujourd’hui, beaucoup de Maîtres sont des époux adultères, si une grande partie des soumises sont des épouses fautives, c’est bien que de toute évidence le dialogue ne fonctionne pas. Alors on trompe, on triche, on s’invente une vie parallèle. Je ne cherche pas à condamner ou encourager l’adultère, je me borne juste à constater. Combien de fois je me suis entendu dire « je ne peux pas lui en parler il ne comprendrait pas » ou alors « si je lui dis ça, il me prendra au mieux pour une salope, au pire pour une folle. ». Combien de ceux qui tiennent ce discours ont vraiment essayé d’aborder le problème ? Combien ont essayé de se faire aider, par un thérapeute par exemple ?

Nous y voilà donc, dans le cœur du problème. Le BDSM, enfin j’en parle, est classifié comme étant une paraphilie. Pour bien comprendre de quoi on parle, une petite définition s’impose.

Dans certaines classifications actuelles (DSM surtout), ensemble de troubles de la préférence sexuelle caractérisés par la recherche du plaisir sexuel auprès d’un partenaire ou d’un objet inadapté, ou dans des circonstances anormales.

Ce terme générique recouvre des anomalies telles que l’exhibitionnisme, le fétichisme, le frotteurisme, la pédophilie, le masochisme et le sadisme sexuel, le transvestisme fétichiste ou le voyeurisme. (www.psychologies.com)

Du coup, comment réussir à dire à l’autre un besoin qui dans l’esprit des gens est considérée comme une perversion sexuelle ? C’est là que le dialogue vanille s’arrête et c’est aussi là que le dialogue BDSM commence.

Le gros avantage d’une relation BDSM, c’est que l’on n’a pas peur de la réaction de l’autre. Nous sommes tous les deux du même bord, dans le même bateau ou galère c’est selon. Parler de soi, se mettre à nu devant l’autre, par les mots, la parole, devient une démarche acceptable, voir même apaisante. Mais même entre le Maître et sa soumise, c’est loin d’être évident. De nombreuses soumises se plaignent de ne pas pouvoir parler à leurs Maîtres sans prendre le risque d’être punies. En effet, beaucoup de dominants, aveuglés par leur statut, se sentant dans la toute-puissance, refusent d’écouter, considérant que la soumise n’est qu’un objet destiné à satisfaire leur libido exclusive. Là encore, on comprend à quel point pouvoir parler à l’autre peut s’avérer être un véritable parcours du combattant. Cela est d’autant plus difficile à comprendre quand le dominant, fuit lui-même une vie vanille ou il ne peut s’exprimer.

C’est pourtant bien par le dialogue que l’épanouissement et la confiance peuvent s’installer. Pourvoir s’en remettre totalement à son Maître est un besoin vital pour la soumise. Cela se fait dans les actes, mais doit aussi se faire dans les mots. L’inverse est aussi vrai. Le dominant doit pouvoir parler de tous les sujets sans restriction avec sa soumise.

Le dialogue, c’est la première chose que Thysminia et moi-même avons fait et c’est ainsi que nous nous sommes rendu compte que nous étions complémentaires et amoureux. Cet échange purement verbal a scellé notre relation.

Depuis le tout début de notre, le dialogue a été mis au cœur de notre relation. Par exemple, le soir, au moment de se coucher, bien blottie contre moi sous la couette, elle devait me faire part de toutes ses émotions de la journée. C’était le moment privilégié pour discuter, parler de son ressenti, à elle, ou le mien. C’était l’occasion de se confier sans aucune retenue.

Par la suite, quand nos rythmes de travail ont changé, vu que nous étions ensembles toute la journée, le dialogue s’est du coup éparpillé, se glissant dans les moments de calme dans la maison.

Aujourd’hui encore, nous passons beaucoup de temps à parler. Le journal intime est venu s’ajouter à la liste des moyens de communication de notre couple, mais il n’est pas le seul. Comme nous sommes très connecté, nous utilisons aussi une application spéciale couple pour nos petites discussions intimes quand nous sommes séparés. Mais bien sûr, rien ne vaut la parole, en face à face.

3 réponses à RELATION MAÎTRE SOUMISE – 3/3

  • Je viens de lire vos articles la relation maître-soumise et j’y ai retrouvé pascal de choses vécues, mais j’aimerais faire une remarque. Si le établi le dialogue n’est déjà pas chose facile, le conserver dans la durée est souvient bien plus difficile encore. Cela m’est arrivé avec ma dernière soumise et, bien sûr, ce qui devait arriver est arrivé, la relation s’est brisée… je voulais juste insister sur cet aspect des choses, que ce soit dans une relation DDSM comme vanille d’ailleurs.
    Dans l’ensemble j’ai apprécié ce que vos avez écrit et je vais prendre le temps de découvrir plus à fond votre site.
    Bonne journée.

    • Le dialogue dans un couple est un lien vital. Je suis d’accord avec vous pour reconnaître que maintenir ce lien sur la durée est extrêmement difficile. C’est pour cette raison que je considère comme indispensable le fait que le Maître et la soumise ne soient unis que par un lien BDSM mais aussi par un amour intense. Sans cela, la relation n’a pas d’avenir, du moins sur le long terme.

      Il faut aussi préciser que je vie en couple avec mon esclave et néanmoins épouse. Cela permet une relation beaucoup profonde qu’un lien BDSM standard.

      Notre vie BDSM fonctionne parce que je suis le Maître et elle l’esclave, mais pas seulement, nous avons un amour très intense. Je dirais même fusionnel. Il grandit chaque jour et c’est surtout lui le ciment de notre couple.

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