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Dans un article précédent, j’explique la notion de transfert de pouvoir. Je reviens aujourd’hui sur ce sujet en reprenant le texte d’origine mais en développant d’avantage les explications. Je parlerais uniquement du cas de la soumise, pas de l’esclave.

Dans un couple classique, chacun est censé détenir la moitié du pouvoir. Les décisions sont prises en communs dans le respect des intérêts de chacun. Mais ça, c’est la théorie. Dans la pratique, nous savons tous que les choses sont nettement moins idylliques. Même si les débats sont consensuels, il y aura toujours des tensions dues aux conflits d’intérêts inhérents à la vie de couple. Chacun cherche alors à prendre le dessus sur l’autre. Ces différents deviennent au final une source de conflits à répétitions. Ils entachent la relation et entraînent les protagonistes dans une guerre sournoise et sans fin. Parfois, il arrive que l’un des deux lâche prise et cède pour arrêter les disputes.

Ce renoncement ne règle rien car la personne vit alors une souffrance. Sa volonté propre s’efface peu à peu au profit de l’autre. Nous avons un transfert de pouvoir. Le problème c’est que ce dernier n’est pas consenti mais subi. Du coup, au lieu d’apaiser la relation, il la conduit vers une fin inéluctable car il y aura forcément un moment ou la souffrance du soumis par force deviendra trop forte.

Les principes

Dans la Domination / soumission (D/s), nous mettons en place un transfert partiel de pouvoir. Pour des raisons de commodité, je prendrais le cas d’une femme soumise et d’un homme dominant. La soumise donne à son Maître, une partie du pouvoir qu’elle détient sur elle-même. le transfert ne peut en aucun cas s’appliquer à des éléments qui ne sont pas sous le contrôle intégral de la femme. Pour bien comprendre de quoi il s’agit, nous allons prendre l’exemple du trousseau de clefs.

Chaque clef représente un aspect de la vie de la femme. Nous pouvons donc avoir les clés suivantes :

  • Les finances
  • Le travail
  • La famille
  • Les amis
  • La sexualité
  • Les loisirs
  • La nourriture
  • La santé
  • Les vêtements
  • Etc.

Le transfert partiel de pouvoir consiste à retirer les clefs choisies du trousseau de la soumise et de les placer sur le trousseau destiné au Maître. Nous parlons d’un transfert. C’est à dire que le pouvoir cédé n’est pas partagé. La soumise ne peut plus exercer les pouvoirs transféré puisque qu’elle ne les détient plus.

Je tiens tout particulièrement à éclaircir ce point. Comme je vous le dis depuis le début de cet article, nous sommes dans un processus de transfert et non d’échange. Sur beaucoup de blogs, vous vertez l’expression « échange de pouvoir ». Cette formulation est inadaptée car elle laisse supposer que le Maître donne une partie de ses pouvoir à la soumise. Hors il n’en ai rien. Le don se fait à sens unique.

Il est donc important pour la soumise de bien réfléchir au pouvoir qu’elle va céder. Ce n’est pas quelque chose que l’on fait à la légère. Cette démarche implique une réelle réflexion. Beaucoup de soumises ignorent cette étape et c’est une grave erreur. Le choix fait à ce moment va déterminer la nature même de la future relation. C’est donc bien un processus déterminant.

Le transfert de pouvoir n’est pas une décision irréversible. La soumise peut à tout moment le modifier. Le Maître n’a pas le droit de refuser de rendre une clef. Il ne peut pas non plus exiger une clef qu’il n’a pas. Il peut demander, suggérer mais à aucun moment imposer. La soumise fixe seule ou en accord avec son Dom la gestion du pouvoir. Il est important de bien comprendre cela car la soumise reste une femme libre contrairement à l’esclave. Elle garde le contrôle de sa vie et même si elle en transfert une partie à un tiers, elle peut reprendre tout ou partie à tout moment.

Il est fortement conseillé selon moi de discuter avec le Dominant pour fixer les domaines du transferts. Le Maître peut avoir des demandes particulières, la soumise aussi. Par exemple, dans mon cas, je ne prends pas en charge les clefs suivantes dans le cadre d’une relation avec une soumise :

  • La famille
  • Les amis (y compris Facebook)
  • Les finances
  • Le travail

Je n’impose pas non plus de « dresscode » qui ne se trouve pas dans la garde robe existante de la soumise. Si d’aventure je veux une tenue particulière, c’est moi qui offre, idem pour les jouets. La soumise peut elle aussi avoir des demandes particulières. Facebook est l’exemple le plus parlant. Une soumise peut très bien demander à ce que se soit le Dominant qui gère. Chaque relation étant unique, il faut donc que chaque couple BDSM se concerte pour fixer ensemble les règles du jeu. Il ne faut pas perdre de vue que si c’est la soumise qui décide de ce qu’elle transfère, le Maître peut très bien dire non et refuser le remettre le collier. C’est pourquoi le compromis est indispensable.

Dans le cadre d’une relation extra-conjugale pour au moins l’un des deux, et à plus forte raison si les deux sont concernés, l’absence de règle peut très vite conduire au désastre. Pour préserver la relation, il est donc impératif de fixer les limites, que ce soit pour le Maître et la soumise. Dans ce cas par exemple, le Maître peut avoir des exigences non négociables pour préserver sa vie de coupe vanille, idem pour la soumise. Le BDSM n’autorise pas tout, bien au contraire.

Les limites de la clef

Le transfert du pouvoir ne se limite pas à transférer des clefs d’un trousseau à un autre. Il consiste aussi à définir pour chaque clef, les limites de l’usage qui peut en être fait par le Maître. par exemple, un Maître peut très bien avoir le contrôle sur la tenue vestimentaire de sa soumise quand elle est avec lui uniquement. D’autres pourront imposer des tenues à leur soumise même en leur absence. Ce type de limites doit clairement être définies.

la vie n’est pas figée, et il faut en permanence réajuster le transfert de pouvoir. Dès que des problème d’organisation se posent, il ne faut hésiter à modifier les règles. Elles ne sont pas là pour vous compliquer la vie mais au contraire pour la rendre plus fluide.

Soumise ou esclave

Souvent, j’entends des soumises dirent que leurs Maîtres ont tous les droits sur elles. Je tiens à préciser qu’il faut bien comprendre que quand nous parlons d’une relation Maître – soumise, nous sommes dans le cadre d’un transfert partiel de pouvoir. Nous avons donc deux trousseaux de clefs, celui de la soumise et celui du Maître.

La différence fondamentale entre la soumise et l’esclave réside dans la nature même du transfert. Pour la soumise, il est partiel, pour l’esclave, il est total. L’esclave donne la totalité du trousseau au Maître sans aucune limite d’utilisation. Les conditions de vie de l’esclave n’ont rien à voir avec celles de la soumise. Il est donc très important de bien comprendre cette différence car elle peut être sources de graves difficultés.

Le contrat

Un transfert de pouvoir bien fait peut vite devenir difficile à mémoriser. C’est la raison pour laquelle il est fortement recommandé de le mettre par écrit. Ce document s’appelle un contrat. Il n’y a pas de modèle type car chaque couple est unique et donc chaque contrat aussi. A ce sujet, je tiens à rappeler que les 12 règles de la soumise ne peuvent en aucun cas être considérées comme un contrat car elles sont totalement inapplicables dans la vie réelle à moins de vivre sur une île déserte isolée du reste du monde.

Rébellion interdite

Dans une relation Maître – soumise, la soumission est pleinement consentie par la femme. C’est son choix, sa perception de sa propre vie. Elle souhaite au plus profond d’elle-même s’en remettre partiellement à un homme qu’elle a choisi, en toute liberté et quelle considérera comme son Maître.

Ce choix étant volontaire, il n’y a aucune place pour une quelconque rébellion. Une soumise qui se qualifie de rebelle est donc en totale hérésie. Cette dérive s’explique par le fait que beaucoup de femme confonde rebelle et caractère. C’est deux mot ont pourtant des significations bien différentes.

Avoir du caractère

C’est une qualité indispensable pour être selon moi une bonne soumise. En effet, la soumise n’est pas une femme sans volonté et qui accepte tout de son Maître sans broncher. Il ne faut pas confondre soumise et esclave qui sont deux statuts totalement différents. La soumise détient une part de liberté, une part de femme qui a besoin de s’affirmer de son coté. Elle doit aussi être capable de faire remarquer poliment à son Dom qu’il outrepasse des prérogatives. Le contrat est là pour le prouver (ou pas). Pour toutes les clefs qui sont encore en sa possession, la soumise doit agir comme une femme libre. Elle ne peut se permettre que se laisser faire.

Avoir du caractère est donc une nécessité absolue pour la soumise. Cette force de que caractère n’a pas pour vocation de s’opposer au Maître, car si ce dernier fait bien son travail, la soumise n’en éprouvera pas le besoin. C’est aussi une nécessité pour le Maître. En effet, la soumise n’est pas là uniquement pour servir de jouet sexuel. Elle contribue aussi grandement à l’évolution du Maître. Elle est son bien le plus précieux. Quoi de plus beau pour une soumise que de lire la fierté dans le regard de son Maître ? Cette osmose entre le Dominant et sa chienne ne peut s’obtenir si la soumise est sans aucune volonté. Elle passera au mieux pour une potiche, un simple jouet sexuel et rien de plus. Dresser une femme ayant du caractère est particulièrement valorisant pour le Maître, et donc pour la soumise.

Sur le même sujet : Les 12 règles de la soumise , La Kajira – Un statut particulier dans le BDSM

2 réponses à TRANSFERT DU POUVOIR ET BDSM

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