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N’avez-vous jamais eu cette impression de répéter constamment le même type de relation au fil des années ? Une relation au sein de laquelle vous tenez presque toujours le même rôle et dont vous ne pouvez pas sortir sans en payer le prix chèrement ?

Il s’agit du triangle dramatique mis en évidence par le psychologue américain Stephen Karpman. Mais de quoi s’agit-il exactement et qui sont les acteurs de cette pièce de théâtre sans fin ?

Un petit exemple pour illustrer :

Une soumise se plaint de son Maître dans un groupe ou sur Facebook. C’est un monstre d’égoïsme, d’indifférence, Il ne la traite pas comme elle le mérite, comme elle le souhaite et la moindre de Ses paroles (privée ou non) est exposée, décortiquée, analysée et vilipendée par les soutiens de la jeune femme en détresse.

Lui se défend, attaque, agresse et finit par véritablement péter un plomb. Evidemment son attitude ne fait qu’alimenter la mauvaise image que tout le monde a de Lui et quoiqu’il puisse dire ou faire, ça sera toujours à son désavantage car de plus en plus agressif.

Dans le groupe de ceux qui soutiennent, il y a toujours une ou deux personnes qui, se sentant plus impliquées, plus touchées par ce qui arrive à la malheureuse soumise, vont créer des liens plus forts, plus solides et du coup vont se lancer dans une bataille chevaleresque contre l’abominable Persécuteur puis, finalement, contre tous les coups du sort pouvant atteindre en plein cœur leur vulnérable et fragile victime. Car une fois le Persécuteur disparu (à moins d’être complètement masochiste, il finira bien par tourner les talons définitivement), d’autres apparaîtront immanquablement. Notre Victime aura toujours besoin d’aide et de soutien de la part de ses Sauveteurs et cela jusqu’à qu’ils n’en puissent plus et deviennent… ses nouveaux Persécuteurs…

Comme vous l’avez deviné, dans cette histoire chacun tient le rôle bien spécifique qui lui a été attribué par le metteur en scène :

Le Persécuteur est spécialisé dans l’accusation, l’agression ou la négligence. Celui qui fonctionne de manière générale avec ce type de comportement ne peut se mettre à la place de l’autre et donc ressentir de la compassion. Il ne tient compte que de son propre intérêt.

La victime est spécialisée dans la faiblesse. Bien qu’elle veuille convaincre de son impuissance à résoudre ses problèmes, elle saura drainée vers elle toute l’énergie de ceux qu’elle réunira autour d’elle afin de lui porter secours.

Le sauveteur est spécialisé dans l’empathie. Son extrême facilité dans la compréhension des problèmes d’autrui lorsqu’il se trouve en contact avec des personnes en difficulté vont le faire plonger à pieds joints dans le piège de la triangulation. Éprouve une grande facilité à saisir et à comprendre les problèmes de l’autre. A cause de cela, il devient très fragile au piège insidieux de la triangulation. En effet, il va faire don de toute sa force et son énergie pour porter secours à la personne qu’il considérera comme une victime face à son persécuteur. Malheureusement, s’il lui est facile de reconnaître le pouvoir du persécuteur, elle ne peut percevoir celui que détient la victime et entrera ainsi dans un cercle vicieux sans fin. En effet, une fois que la dynamique de ce triangle dramatique est engagée, les places peuvent tourner et changer indéfiniment.

Ainsi, certains d’entre nous peuvent parfois se sentir pris dans le piège des relations toxiques du Triangle Dramatique, d’autant plus lorsqu’ils se rendent compte qu’année après année, ils revivent quasiment les mêmes histoires au fil de leurs rencontres et de leurs connaissances.

Heureusement, rien n’est jamais irréversible et une fois que nous avons pris conscience de ce cercle sans fin, il est toujours temps de s’en sortir. Voici un changement de positionnement des protagonistes de la triade issu de l’analyse transactionnelle et vu sous un angle plus positif :

L’affirmation de soi devient le trait dominant du persécuteur :

La personne agit dans son intérêt personnel, mais sans éprouver le besoin de s’approprier ce qui appartient à l’autre ou de le punir. Il lui suffit d’exprimer clairement ses besoins, son opinion et de négocier sa place et son territoire.

La vulnérabilité devient le trait dominant de la victime :

La personne se reconnait fragile temporairement et dans une situation donnée mais elle est aussi capable de reconnaître ses propres compétences pour agir en fonction de ce qui lui arrive. Elle peut avoir besoin de soutien mais ne s’en remet pas qu’aux autres pour résoudre ses problèmes, elle apprend peu à peu à compter sur ses propres capacités.

La responsabilité devient le trait dominant du sauveteur :

La personne vient en aide en fonction du rôle qu’elle occupe et cela sans se surinvestir. Elle ne se positionne pas dans un camp bon/mauvais. Elle se concentre sur la qualité du lien à créer, sur la responsabilité et le comportement. Elle apporte son aide en tenant compte de la vulnérabilité de l’autre (âge, état, …) et l’aidera à utiliser ses capacités propres au lieu de faire les choses à sa place. De plus, elle sera capable d’analyser une situation avec assez de recul afin de pouvoir se retirer d’une interaction lorsque celle-ci risque de l’entraîner vers une situation de forte dépendance.

Il n’est jamais trop tard pour se retirer d’une de ce genre de lien à partir du moment où vous avez pris assez de distance avec les faits pour vous rendre compte de ce qu’il se passe mais si vous vous sentez trop englués et pris au piège, n’hésitez pas à demander de l’aide à un tiers extérieur…

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